Association de Yoga Traditionnel.
Professeur formé à l' Institut de Yoga Traditionnel Toulousain(I.Y.T.T) et affilié à la Fédération Nationale Yoga Traditionnel

Bodhollâsavilâsa (traduit par David Dubois)

Texte traduit du sanskrit n°01

Kshemarâja, disciple et cousin du grand philosophe Abhinavagupta, consacra son oeuvre à la vulgarisation de la philosophie de la Reconnaissance. Il composa notament une version simplifiée des Stances sur la reconnaissance du Seigneur, intitulée le Coeur de la Reconnaissance (Pratyabhijnâ Hridayam). Cette oeuvre, claire et consise, qui met l'accent sur la portée pratique de la Reconnaissance, se propagea dans l'Inde entière. En voici une forme versifiée, due à un auteur anonyme. L'une de ses stances (35) laisse d'ailleurs penser que ce texte a, durant un temps, fait partie d'un tantra .
Le jeu de la manifestation de la conscience
(Bodhollâsavilâsa )

Hommage à Siva,

lui qui effectue continuellement les cinq actes,

lui qui fait apparaître la vérité ultime,

déploiement homogène de félicité et de conscience. /1/

La conscience est libre.

Elle est la cause de l'univers.

Elle est liberté et sujet connaissant,

elle est l'accomplissement. /2/

Elle fait éclore l'univers

en son propre fond, par son seul désir,

en différenciant sujet et objet diversement,

selon des formes multiples. /3/

La diversité de l'univers existe

en raison de la différenciation de l'objet,

en s'unissant à cette diversité,

en haut, en bas, d'innombrables (manières). /4/

Bien que la conscience soit le Seigneur,

elle devient l'âme lorsqu'elle se contracte.

Les sages savent que la forme de l'univers

existe en elle comme l'arbre dans sa graine. /5/

La conscience est notre essence

absolument pure et limpide.

L'âme, quand elle n'est pas attachée aux limitations,

est la conscience. /6/

Tournée vers les objets, la conscience

vient reposer dans l'âme.

Les sages disent que la conscience devient l'âme

quand la contraction devient prédominante. /7/

Le sujet illusoire est l'être incarné.

Il reçoit son existence de cette conscience.

Il s'attache aux choses,

privé du juste discernement. /8/

Et cet Un apparaît multiple

à cause des aspects et des qualités comme la légèreté.

Il apparaît comme les sept (sortes de) sujets connaissants,

et comme les trente-six catégories. /9/

Un, omniprésent,

le Seigneur est pure conscience.

Telle est la délivrance, évidente

par la parfaite connaissante de la subjectivité. /10/

Connu comme étant les sept sujets connaissants

et les trente-six catégories,

le grand Seigneur procure

cette fortune qu'est la délivrance. /11/

Assurément, les doctrines ne sont que

des personnages (assumés) par lui, selon son désir,

comme des personnages factices

assumés par un homme. /12/

De la même manière, le Soi immense,

qui est félicité et conscience,

est nourri et animé par son propre désir.

Il assume différents points de vue à cause de sa plénitude. /13/

Le Soi se déploie dans la manifestation du divertissement

de la félicité et de la conscience.

L'âme se souille dans le Samsâra

parce qu'elle est contractée par ses propres puissances. /14/

« Je suis imparfait », ainsi est-elle souillée

par de multiples souillures

- de finitude, relative à Mâyâ et relative aux (conséquences des) actes -

alors qu'elle est le Seigneur des mondes omniprésent. /15/

De même que le Seigneur omniprésent

effectue les cinq actes,

de la même façon ce Soi (limité les) effectue,

Egaré par (ses propres) puissances. /16/

Le Seigneur des Puissances est célébré

Par les adeptes du Principe

Grâce à l'épanouissement de la Puissance.

Le sujet transmigrant est contracté à cause de la contraction (de la Puissance). /17/

Car, quelque soit la forme de Mâyâ

qu'il désire voir,

on doit savoir que c'est une création du Soi.

On considère que sa Puissance est subsistance. /18/

On considère que la Déesse,

Ayant résorbé le Samsâra,

Le reprend dans l'unité de la conscience.

L'occultation de cette essence est le voilement. /19/

Ainsi, le processus

Du quintuple flot est toujours proche.

Connu, il est comme le joyau qui exauce les désirs.

S'il ne l'est pas, il est comme du bois ou de la boue. /20/

Qui le cultive continuellement

par la force d'une juste prise de conscience

est délivré de tous les liens.

Il devient félicité éternelle. /21/

Lorsque le feu de la conscience dévorant

est bien éveillé,

ce feu immaculé

consume tout le connaissable. /22/

Le yogin unit à sa force

Possède les signes du Nirvâna.

Assurément, il atteint sans délai

le domaine immaculé. /23/

Bien que le feu de la conscience a été obtenu,

l'univers qui est conscience apparaît néanmoins.

Cette manifestation de l'ambroisie de la félicité du Soi

se déploie à l'extérieur. /24/

Cela même, en se cristallisant,

apparaît sous la forme des phénomènes.

Dieu, le grand Seigneur qui est notre Soi,

le Seigneur suprême, se divertit. /25/

Celui qui voit cela continuellement

est délivré, et en un instant

il délivre la totalité des êtres

des liens du Samsâra effroyable. /26/

« Quiconque possède la force de la félicité

se tient dans le domaine de sa propre essence » :

Ainsi, celui pour qui

l'éclat de la joie est apparut, /27/

qui repose en sa propre essence,

atteint cet (état) même après le samâdhi (vyutthâne).

En raison de l'efficience de sa persévérance,

il est recherché par les gens. /28/

La félicité de la conscience apparaît

par l'épanouissement du domaine du centre.

Quand il apparaît, la vision divine

en forme de connaissance apparaît. /29/

Immaculée, lumineuse, pure,

félicité éternelle, suprême,

sans même avoir tranché le filet du corps,

la vision qui est connaissance se déploie. /30/

La puissante méthode

pour épanouir le centre

est multiple :

anéantissement des vikalpas, épanouissement, contraction, etc. /31/

C'est en ne pensant à rien

que les vikalpas seront anéantis.

Quand la conscience s'éveille,

la Puissance en train d'apparaître s'éprend du royaume des phénomènes. /32/

(La Puissance étant) éprise d'eux,

on voit le flot divin immaculé.

C'est cette contraction de la Puissance

Qui est enseigné par les partisans d'un Brahman (passif). /33/

L'absorption dans le nâda et le bindu,

le repos dans les extrémités initiales et finales, etc. ;

s'emparer du dégoût, de la colère,

de la peur, de l'incertitude : /34/

Ainsi enseigne t-on, Ô déesse (?),

ce qui fait s'épanouir le centre.

S'il s'y dévoue, c'est en quelques jours

qu'il atteindra le domaine suprême. /35/

Celui qui cultive

les impressions du samâdhi intérieur,

immaculé, prend conscience encore et encore,

par la seule force de la juste prise de conscience. /36/

Son essence propre apparaîtra entièrement,

même après le samâdhi.

Ce yogin établi dans l'éveil

est éternellement heureux. /37/

La conscience du yogin

se déploie parfaitement.

Elle est la parfaite subjectivité,

faite de lumière, elle est la vitalité des mantras. /38/

Se divertissant en elle,

le yogin se tient dans le domaine des Souverains des Mantras.

S'adonnant à cela, il se divertit comme le Seigneur,

nourri par les Puissances. /39/

Ainsi la liberté du Seigneur des mondes, omniprésent,

possède de multiple aspects,

existe sous des formes diverses.

Elle est une souveraineté indivise. /40/

« Il est sans-second » :

telle est, dit-on, cette suprême ambroisie qu'est la connaissance.

Celui qui en boit

neutralise ce puissant poison qu'est le Samsâra. /41/

Cette méthode pour rendre la conscience évidente

vise à faire atteindre ®iva aux magnanimes.

Cet enseignement absolument immaculé,

extrait de l'océan de la connaissance parfaite,

est l'oeuvre de Kemarâja. /42/

La Liberté de la conscience (Samvitsvâtantryam) -- traduction David Dubois

Celui qui ne dépend pas de la naissance, de la mort, de la vieillesse, de la maladie, du plaisir et de la douleur,
Qui est éternel, inconditionné, un,
Qui manifeste ce qui existe et ce qui n'existe pas,
C'est moi.
Je ne peux commencer à exister, ni cesser d'exister.
Je ne suis pas quelque chose qu'il faille obtenir ou voir,
(Car) je suis toujours manifeste par nature. 384-385

Tout ce qui est délimité est sans réalité.
Tout sur qui apparaît sur le mode du "ceci" est vain.
Je n'apparaîs jamais sur le mode du "ceci", moi qui suis
Eternel, Śiva, étoffe universelle, évident. 385bis

Je ne vois pas de temps, ni aucun lieu,
Ni en haut, ni en bas, ni derrière ni devant,
Ni partie, ni tout, ni Śiva ni Śakti,
Ni vide ni forme.
Spontanément, j'apparais. 386

Je ne convoite rien.

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